PrEP et TPE : la prévention du VIH expliquée

Deux traitements, deux moments, un seul objectif : prévenir le VIH.

La PrEP et le TPE font partie des outils les plus efficaces dont nous disposons pour prévenir le VIH. On les confond facilement, car tous deux reposent sur des médicaments antirétroviraux, mais la différence tient au moment : la PrEP se prend avant une exposition, le TPE après. Le TPE est appelé PEP en anglais et en Suisse, et prophylaxie postexposition (PPE) au Québec.

Le TPE : la prévention d'urgence après une exposition

Le traitement post-exposition (TPE) est un traitement court par des médicaments contre le VIH, pris en général pendant 28 jours (la recommandation française de 2024 prévoit 30 jours), qui peut empêcher une infection de s'installer après une exposition possible.

Le TPE est une urgence. Il doit être commencé le plus tôt possible, idéalement dans les 4 heures, et au plus tard dans les 48 heures après l'exposition en France et en Suisse. Plus il est commencé tôt, mieux il fonctionne. Passé ce délai, il n'est plus assez efficace. En Belgique et au Québec, le délai maximal est de 72 heures.

Le TPE est indiqué après des situations comme la rupture d'un préservatif avec une personne qui a le VIH ou dont le statut est inconnu, une agression sexuelle ou une piqûre avec une aiguille (accident d'exposition au sang). Si vous pensez en avoir besoin, en France, allez tout de suite aux urgences d'un hôpital (ouvertes 24 h/24) ou, pendant ses heures d'ouverture, dans un CeGIDD, et demandez explicitement un « TPE ». Un médecin évalue la situation ; si le traitement est indiqué, on vous remet d'abord un traitement pour quelques jours (kit de démarrage), le temps de confirmer l'indication lors d'une consultation de suivi. Si vous avez besoin d'un TPE de façon répétée, c'est un signal fort pour envisager la PrEP.

Combien coûte le TPE ?

La PrEP : une protection continue avant l'exposition

La prophylaxie pré-exposition (PrEP) est un traitement pris par des personnes qui n'ont pas le VIH pour éviter de le contracter. Prise comme prescrit, la PrEP réduit d'environ 99 % le risque de contracter le VIH lors de rapports sexuels, et d'au moins 74 % chez les personnes qui s'injectent des drogues. Elle existe sous forme de comprimé quotidien et, pour certaines personnes, d'injection à action prolongée tous les deux mois.

Qui peut envisager la PrEP ?

La PrEP nécessite un test du VIH avant de commencer, puis des tests de suivi réguliers, car elle est réservée aux personnes qui n'ont pas le VIH.

I=I : le traitement comme prévention

Il y a un troisième élément à connaître. Une personne vivant avec le VIH qui suit son traitement et maintient une charge virale indétectable ne peut pas transmettre le VIH à ses partenaires sexuels. C'est ce qu'on appelle Indétectable = Intransmissible, ou I=I. Cela signifie qu'un traitement efficace est aussi une prévention efficace.

Ce que cela change pour votre estimation du risque

La prévention change le calcul. Si votre partenaire suit un traitement efficace et a une charge virale indétectable, ou si vous prenez la PrEP, le risque réel d'une exposition donnée est bien plus faible que les chiffres de base par acte de notre guide sur le risque. Si une exposition a déjà eu lieu et qu'elle est récente, vérifiez d'abord si un TPE est indiqué, puis pensez au dépistage.

Obtenir un TPE ou la PrEP

Ce sont deux médicaments sur ordonnance.

En France, Sida Info Service répond à vos questions au 0 800 840 800 (appel anonyme et gratuit).

Sources : recommandations des CDC sur la PrEP et le TPE ; OMS, prévention du VIH ; en France, Haute Autorité de santé (2024), Assurance Maladie et Santé publique France ; Plateforme Prévention Sida (Belgique) ; Aide Suisse contre le Sida ; Québec.ca. Information éducative uniquement, il ne s'agit pas d'un avis médical.