PrEP et TPE : la prévention du VIH expliquée
La PrEP et le TPE font partie des outils les plus efficaces dont nous disposons pour prévenir le VIH. On les confond facilement, car tous deux reposent sur des médicaments antirétroviraux, mais la différence tient au moment : la PrEP se prend avant une exposition, le TPE après. Le TPE est appelé PEP en anglais et en Suisse, et prophylaxie postexposition (PPE) au Québec.
Le TPE : la prévention d'urgence après une exposition
Le traitement post-exposition (TPE) est un traitement court par des médicaments contre le VIH, pris en général pendant 28 jours (la recommandation française de 2024 prévoit 30 jours), qui peut empêcher une infection de s'installer après une exposition possible.
Le TPE est indiqué après des situations comme la rupture d'un préservatif avec une personne qui a le VIH ou dont le statut est inconnu, une agression sexuelle ou une piqûre avec une aiguille (accident d'exposition au sang). Si vous pensez en avoir besoin, en France, allez tout de suite aux urgences d'un hôpital (ouvertes 24 h/24) ou, pendant ses heures d'ouverture, dans un CeGIDD, et demandez explicitement un « TPE ». Un médecin évalue la situation ; si le traitement est indiqué, on vous remet d'abord un traitement pour quelques jours (kit de démarrage), le temps de confirmer l'indication lors d'une consultation de suivi. Si vous avez besoin d'un TPE de façon répétée, c'est un signal fort pour envisager la PrEP.
Combien coûte le TPE ?
- En France : les médicaments du TPE sont pris en charge à 100 % par l'Assurance Maladie. Les consultations et les analyses de sang ne sont remboursées qu'en partie (65 à 70 %) : le parcours n'est donc pas entièrement gratuit. Les personnes mineures peuvent obtenir un TPE sans autorisation parentale, et les personnes sans couverture sociale peuvent aussi en bénéficier.
- En Belgique : le médicament est remboursé par la mutuelle, mais les consultations et les prises de sang sont à la charge du patient.
- En Suisse : selon l'Aide Suisse contre le Sida, les coûts sont pris en charge par l'assurance de base.
La PrEP : une protection continue avant l'exposition
La prophylaxie pré-exposition (PrEP) est un traitement pris par des personnes qui n'ont pas le VIH pour éviter de le contracter. Prise comme prescrit, la PrEP réduit d'environ 99 % le risque de contracter le VIH lors de rapports sexuels, et d'au moins 74 % chez les personnes qui s'injectent des drogues. Elle existe sous forme de comprimé quotidien et, pour certaines personnes, d'injection à action prolongée tous les deux mois.
Qui peut envisager la PrEP ?
- Les personnes dont le ou la partenaire a le VIH, surtout si sa charge virale n'est pas encore contrôlée par le traitement
- Les personnes qui n'utilisent pas systématiquement de préservatif avec des partenaires de statut inconnu
- Les personnes qui ont eu récemment une infection sexuellement transmissible (IST)
- Les personnes qui partagent du matériel d'injection
La PrEP nécessite un test du VIH avant de commencer, puis des tests de suivi réguliers, car elle est réservée aux personnes qui n'ont pas le VIH.
I=I : le traitement comme prévention
Il y a un troisième élément à connaître. Une personne vivant avec le VIH qui suit son traitement et maintient une charge virale indétectable ne peut pas transmettre le VIH à ses partenaires sexuels. C'est ce qu'on appelle Indétectable = Intransmissible, ou I=I. Cela signifie qu'un traitement efficace est aussi une prévention efficace.
Ce que cela change pour votre estimation du risque
La prévention change le calcul. Si votre partenaire suit un traitement efficace et a une charge virale indétectable, ou si vous prenez la PrEP, le risque réel d'une exposition donnée est bien plus faible que les chiffres de base par acte de notre guide sur le risque. Si une exposition a déjà eu lieu et qu'elle est récente, vérifiez d'abord si un TPE est indiqué, puis pensez au dépistage.
Obtenir un TPE ou la PrEP
Ce sont deux médicaments sur ordonnance.
- TPE en France : aux urgences d'un hôpital, 24 h/24, ou dans un CeGIDD pendant ses heures d'ouverture. L'Assurance Maladie explique la marche à suivre sur sa page prévention du VIH, et Santé publique France sur la page que faire en cas d'urgence après une exposition au VIH.
- PrEP en France : tout médecin, y compris votre médecin généraliste, peut la prescrire, de même que les CeGIDD. Les médicaments sont pris en charge à 100 % ; certaines analyses de suivi ne sont pas entièrement remboursées. Pour trouver un lieu qui prescrit la PrEP, utilisez le filtre « Primo-prescription de la PrEP » de l'annuaire de Santé.fr. Plus d'informations sur QuestionSexualité.
- En Belgique : le TPE est délivré en journée dans un centre de référence VIH, et la nuit et le week-end aux urgences d'un hôpital qui y est rattaché (liste des centres sur le site de la Plateforme Prévention Sida). La PrEP est prescrite par un infectiologue d'un centre de référence VIH ou d'un hôpital partenaire ; avec le remboursement, elle coûte environ 12 euros pour 30 comprimés (environ 160 euros sans).
- En Suisse : le TPE (PEP) est disponible aux urgences de tous les hôpitaux. La PrEP est prise en charge par l'assurance de base depuis juillet 2024 lorsqu'elle est prescrite dans le cadre de SwissPrEPared, mais elle n'est pas gratuite : la franchise et la quote-part s'appliquent.
- Au Québec : consultez sans attendre un professionnel de la santé ou appelez Info-Santé au 811 ; la prophylaxie postexposition doit commencer dans les 72 heures (Québec.ca). Pour la PrEP, parlez-en à un professionnel de la santé.
En France, Sida Info Service répond à vos questions au 0 800 840 800 (appel anonyme et gratuit).